Le Village > L'histoire de Saint Germain Village
   

LA QUÊTE D’UNE  IDENTITE
Situé  à    l’immédiate   proximité    de   Pont-Audemer,
Saint Germain Village fut, dès son origine, l’une des quatre paroisses de la ville. Son église fut élevée au XI siècle, en bordure d’une voie romaine, et devint au moyen âge, le centre d’un faubourg situé en dehors des limites de la ville, qu’il était alors convenu d’appeler la bourgeoisie.

Cette spécificité lui permit de disposer de droits particuliers (foire Saint Gille) avant que la ville voisine ne tente de l’absorber. Saint Germain Village faillit ainsi être réuni à Pont-Audemer durant la révolution, mais la détermination de ses habitants lui permit de conserver son identité.
 
Elle fût renforcée, au XIXe siècle, par l’aménagement d’une première mairie, implantée en 1860 dans une dépendance aujourd’hui détruite de l’ancien presbytère, puis par la construction de son école, inaugurée le 14 Juillet 1896.
 
 
 
 
 
  
 
 
 
Cette progressive construction villageoise, effectuée indépendamment des régulières extensions de la ville voisine (implantation de son cimetière en 1809 ou construction du petit séminaire transformé en hôpital en 1927) aboutit à la reconnaissance de son identité.
            
 
Elle faillit à nouveau être remise en question lorsque Pont-Audemer voulut absorber la commune en 1971. La détermination de ses élus et l’affirmation de sa fonction résidentielle lui permirent de conserver son identité villageoise. Elle est depuis reconnue puisque la commune est devenue, au début du XXIe siècle, l’une des composantes du territoire de l’agglomération pont-audemérienne.

UN VILLAGE QUI FAILLIT DISPARAITRE
 
Durant la Révolution, le curé de Saint Germain Village, Philippe Montfort, refusa, le 20 janvier 1791, de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Dès lors considéré comme un prêtre réfractaire, il fut destitué puis déporté. L’église Saint-Germain demeura donc sans desservant.


 
Cette situation conduisit le district à supprimer la paroisse le 15 Avril 1791. Son arrêté fut si vindicatif qu’il comportait un volet civil exigeant la suppression de la commune qui devait être maintenue  jusqu’au 1er Janvier 1792, le temps que les opérations fiscales de l’année en cours soient achevées.
 
Les jours de Saint-Germain étaient comptés au motif que la ‘’ suppression de la paroisse emporte de droit sa    municipalité ‘’.

Le district fit fermer l’église le 25 Juin suivant, mit le presbytère en vente le 22 Août puis exigea que les cloches de l’église soient déposées. La municipalité de Saint-Germain s’opposa à cette dernière mesure et refusa, en conséquence, de remettre le rôle fiscal des contributions.

 
L’acte de résistance était symbolique, mais il fut efficace. Le 10 Janvier 1792, en effet, le district reconsidéra sa décision et accepta que « la municipalité de la paroisse supprimée subsiste (…..) Malgré le décret de suppression ».
 
Les raisons de ce revirement demeurent méconnues, mais peuvent être interprétées à la faveur des jugements émis en 1808 par la préfecture confrontée au même problème. Elle décida en effet de laisser subsister la commune pour éviter d’inutiles troubles aux portes de la ville de Pont-Audemer.
 
Les habitants de Saint-Germain inspiraient une certaine défiance…. »
 

Texte extrait de Saint Germain Village,
L’invention d’un territoire.
Pierre  Molkhou
Le Mesnil Esnard  2009